Ce que j’admire, presque, dans l’industrie du marketing, c’est sa capacité à transformer une faiblesse en argument de vente. Prenez Vista par exemple. A grand renfort de pubs et d’articles sponsorisés on tente de nous vendre cet OS comme un bijou d’ingénierie. L’argument : parce qu’il contient 65 millions de lignes de code. Oui vous avez bien lu, 65 millions.
Voici un petit top historique pour remettre les choses en perspective :
- Windows NT 3.1 & Advanced Server : 3,1 millions de lignes de code
- Windows NT 3.5 (Daytona) : 9 millions de lignes de code
- Windows NT 4.0 (Cairo) : 16 millions de lignes de code
- Windows 2000 : 30 millions de lignes de code
- Windows XP : 40 millions de lignes de code
- Windows VISTA : 65 millions de lignes de code
D’accord mais que veulent dire ces chiffres en pratique ?
Pour le savoir comparons avec une distributions Linux desktop minimaliste composée d’une stack linux/GNU/X.org/Gnome. On obtient une taille de 12 millions de ligne code (et si vous avez déjà touché à une distribution Linux vous savez que cette installation minimale a déjà plus de fonctionnalités qu’un Windows out of the box).
Conclusion de cette comparaison à la louche : les systèmes de Redmond sont 6 à 7 fois plus lourd à service égal et cette tendance s’accélère de version en version. Mais plutôt que de voir ceci comme un problème à régler, Microsoft a décider d’en faire un argument marketing : “Vista, c’est 25 millions de lignes de plus que XP. C’est du solide. Regardez comme on a bossé dur.”
Sauf que non. La qualité logicielle ne se mesure pas au nombre de lignes de code, bien au contraire :
- plus de code = plus de bugs potentiels
- plus de code = plus de maintenance, moins d’audibilité
- plus de code = souvent moins de clarté architecturale
Et quand on connaît les antécédents de Windows en matière de sécurité ou d’architecture, une grosse cure de refactoring ne serait clairement pas du luxe.