Show us the code

Aujourd’hui je vais vous parler de FUD. FUD c’est l’acronyme de Fear Uncertainty Doubt et il s’agit d’une technique de communiquant, courant en politique politicienne, visant à casser la réputation d’une cible. Le FUD va plus loin et est plus pernicieux que la simple assimilation à quelque chose de déplaisant.

Prenons l’example de la communication de Steve Ballmer, nouveau patron de Microsoft, et grand adepte du FUD :

“Linux profite à toute la communauté, et le fait est que ce produit exploite la propriété intellectuelle protégée par brevet de Microsoft, constitue un problème pour nos actionnaires”

“Nous dépensons sept milliards de dollars par an en recherche et développement, et nos actionnaires attendent de nous que nous protégions ou commercialisons nos innovations brevetées pour en tirer un bénéfice sur le plan économique”

Vous voyez le genre ? A aucun moment Ballmer ne donne de détails sur la propriété intellectuelle ou les brevets violées. Et c’est bien normal, puisqu’il n’y en a pas. Le FUD repose sur un argumentaire plausible mais faux.

Mais négligeons un instant le fait qu’il s’agisse d’un bon gros FUD et prenons le face-value.

Cela nous laisse deux possibilités :

  • du code de Microsoft aurait été copié
  • des idées ou des concepts protégés par brevets auraient été réutilisés

La première est totalement improbable : Microsoft garde ses codes sources secret. Des projets comme Samba ou Wine utilisent la rétro-ingénierie pour déterminer les spécifications à réimplémenté. C’est une démarche absolument légale et qui ne viole en rien le droit d’auteur.

Si on veut être taquin on fera remarquer que Microsoft lui ne se gène pas pour utiliser du code open-source quand la licence le lui permet. Le plus bel exemple étant la pile TCP/IP de Windows provenant tout droit de 386BSD.

La seconde est possible mais pose un autre problème : est-ce qu’un brevet sur une simple idée n’est pas en soit une absurdité ?

Il existe un nombre incalculable de brevets ridicules qui ont invalidés au fil des années. Certains ont déposés des brevets sur des concepts aussi générique que les fenêtres, les bureaux virtuels ou même la souris. D’ailleurs Microsoft possède au moins un brevet du genre : le double-clic sur PDA (si si sérieusement). Outre ce type de brevets il existe aussi des brevets qui protègent les formats de données. Ces brevets ne constituent pas des innovations technologiques mais servent simplement de “Walled garden” contre la concurrence. Forcément ils finissent toujours par être violés pour cause d’interopérabilité un jour ou l’autre.

Bref dans ces conditions a moins de pouvoir précisément pointer les brevets incriminant il est impossible de prendre ces allégations au sérieux. Et d’ailleurs c’est le but de la lettre ouverte/initiative adressé par la communauté open-source a Ballmer : Show us the code. Puisque selon lui Linux “exploite la propriété intellectuelle protégée par brevet de Microsoft” il n’a qu’à montrer précisément le code Linux incriminant.

Bien entendu Microsoft n’a fait aucun commentaire sur cette initiative.

Dernière mise à jour le mars 03, 2007 18:31 UTC