Ma Coréenne

Quand on dit coréenne vous pensez, bande d’adolescent pré-pubère, à ça :

Avouez ! Et bien non on va plutôt parler console portable et plus précisément de la GP2X.

D’où qu’elle vient la GP2X ?

La GP2X est une console portable développée par Game Park Holdings, successeur spirituel de leur première console, la GP32. Après la sortie de cette dernière des désaccords internes ont éclaté sur la direction à suivre. La direction voulait miser sur une console 3D concurrente de la PSP, basée sur Windows CE. Le projet s’est rapidement enlisé : problèmes techniques, SDK bancal, complexité des licences Microsoft et absence d’éditeurs intéressés. Un échec cuisant qui n’est pas s’en rappeler le crash de la Gizmondo.

De leur côté, les ingénieurs, tirant les leçons du “semi-échec” de la GP32, ont préféré suivre une autre voie : créer une console 2D puissante, entièrement open-source, pensée pour un public de geeks, de rétrogamers et développeurs homebrew. Ainsi est née la GP2X.

A quoi elle ressemble ?

A ceci :

Mes impressions

La GP2X est légère, agréable en main et surprend par son stick analogique à la place d’une croix directionnelle. Un choix étonnant, sauf pour ceux qui ont connu la Neo Geo Pocket. Ces derniers savent que l’on peut avoir un stick correct pour les platformers et excellent pour les jeux de baston, ce qui est précisement le cas sur cette machine.

Côté logiciel le firmware repose sur une mini-distribution Linux d’environ 60 Mo. SDL et OpenGL ES sont a la maneuvre. Le temps de démarrage tourne autour de 10 secondes. Ce n’est pas fulgurant mais pas trop handicapant au quotidien. La lecture audio/vidéo est assurée par MPlayer. Efficace mais certain codecs manquent à l’appel et doivent être installé manuellement. L’écran 4/3 est juste magnifique. Les couleurs et le contraste sont bien meilleur que celui de la PSP. La lecture de DivX, particulièrement d’anime, est une expérience très agréable.

Coté connectique c’est simple et fiable : de l’USB 2.0 sous forme de prise mini-USB. L’OS permet d’exposer la mémoire interne et la carte SD en mass storage. Seul bémol, la carte SD doit être formatée en vfat. Pas dramatique, mais j’aurais nettement préféré de l’ext3.

Coté jeux natifs

Coté jeux natifs on a surtout des portages de jeux Linux ou de moteur de jeux “open-sourcer”. Ainsi on peut s’éclater à Duke Nukem 3D, Quake, Doom et Marathon.

C’est pas mal et la liste devrait s’étoffer avec le temps.

Coté émulation

Coté émulation la liste est particulièrement fournie. Grâce à son processeur dual-core ARM9 à 200 MHz, la console dispose d’une bonne réserve de puissance pour de la 2D. On retrouve ainsi l’ensemble des micro-ordinateurs et consoles 8 bits (NES, Master System, PC Engine, MSX, Atari 800, etc) la quasi-totalité de la génération 16 bits (Super Nintendo, Megadrive, PCEngine, NeoGeo, Atari ST, Amiga, Wonderswan) et même une petite incursion dans le “moins” rétro, avec un émulateur GBA (plutôt bon coté vitesse mais assez limité coté compatibilité) et PS1 (pas full speed, mais les titres 2D sont jouable avec un peu de frame skipping).

Mention spéciale pour MAME et FBNeo qui fonctionnent très bien et offre à eux seuls une immense ludothèque rétro :

Le moins bien

Le seul vrai défaut que je trouve à la GP2X le voici :

Des piles. Oui en 2007 ca pique un peu. L’avantage c’est que dans 20 ans on trouvera encore facilement des piles AA. L’inconvénient c’est que l’autonomie dépasse rarement 4 heures et fond comme neige au soleil si vous lancez un émulateur du genre gourmand. Pour le prix c’est difficilement pardonnable.

Bilan

Alors faut-il craquer pour la GP2X ? Tout dépend de ce que vous cherchez.

Pour moins cher, vous pouvez opter pour une Nintendo DS accompagnée d’un linker. Vous bénéficierez d’une ludothèque plus “moderne” et grand public. Mais côté émulation, inutile d’espérer des miracles : avec un processeur ARM à 66 MHz, la DS est rapidement dépassée. Quant à une utilisation comme PMP vous pouvez oublier.

Pour plus cher, la Sony PSP s’impose comme le choix évident. Moins compacte, UMD et écran 16/9 oblige, elle offre des jeux techniquement impressionnants et un usage en PMP très agréable. De plus les avancées récentes de la scène homebrew laissent entrevoir une montée en puissance côté émulation. Elle n’égale pas encore la GP2X en ce domaine, mais ca ne serait tarder.

Entre les deux on a la GP2X, une machine qui répond a un segment de niche. Ce n’est ni la machine la plus puissante ni la plus polyvalente mais la meilleure pour le bidouillage. Elle reste unique dans cette catégorie, et c’est la raison pour laquelle je ne regrette pas mon achat.

Dernière mise à jour le juil. 14, 2007 11:37 UTC