Messieurs les journalistes

Comme d’habitude il ne faut pas compter sur les journalistes pour rapporter les informations correctement. D’abord l’article en question. Mon sentiment général ? Cet article est volontairement imprécis et même tourné de manière mensongère. Analysons quelques passages:

Ubuntu : c’est le nom du système d’exploitation qui équipe désormais les 1 154 ordinateurs de l’Assemblée nationale. A la fin de la précédente législature, ce logiciel « libre », déjà adopté par de nombreuses administrations, a été préféré au Windows de Microsoft, au terme d’une intense bataille de lobbying.

Déjà cette phrase est imprécise. Elle semble indiquer que les deux “acteurs” étaient sur un pied d’égalité, ce qui est bien évidemment faux. Microsoft a fait du lobbying, de la négociation et sans doute même un peu de chantage. De côté du libre on a deux SSII parisiennes et l’April (indirectement impliqué), au autrement dit un “lobbying” qui inexistant et sans aucun moyen de pression.

Si ce changement a contraint les personnels du Palais-Bourbon à reconfigurer les postes informatiques, il a aussi suscité l’interrogation de nombreux députés.

L’assemblée nationale change d’OS car de toute manière il devait changer de machine. Beaucoup de serveurs des administrations/grandes entreprises sont encore sous Windows NT4 dont le support a été arrêté. Quand aux postes clients sous Windows 2000… Bref dans tout les cas une migration (et les coûts qui vont avec) était planifié et nécessaire. La question pour un DSI est plutôt la suivante : faut-il changer la totalité du parc informatique pour migrer les serveurs en Windows 2003 Server et les postes client en XP sachant que l’on devra remettre le couvert dans 5 ans pour passer à Longhorn côté serveur et Vienna côté client, ou faut-il migré vers une autre alternative plus pérenne maintenant ?

L’alternative c’est bien évidemment Linux qui a un double avantage : une consommation de ressource moindre ce qui permet de conserver une partie du parc actuel (sauf les machines vraiment vieilles) et un processus d’évolution moins chaotique avec une mise à jour plus graduelle plutôt qu’une énorme cassure brutale tout les 5 à 6 ans qui réclame souvent de “reformer” le personnel.

En effet, si l’utilisation des logiciels “libres” est gratuite, elle entraîne d’importants frais secondaires.

Gna ? Moi pas comprendre.

Certains élus ont ainsi souligné qu’en 2006 Bercy avait conclu un marché de 39 millions d’euros pour la maintenance du nouvel équipement.

Ca s’appelle le service et c’est bien normal non ? Qui va installer les machines, qui va configurer les serveurs, qui va former les utilisateurs ? Vous voudriez pas que ce soit gratuit cents balles et un Mars aussi ? Le choix de Microsoft n’aurait pas changer d’un iota ces estimations de budget, à ceci prêt qu’il aurait fallu rajouter le prix des licences.

Parallèlement, la société qui développe le programme Ubuntu, Canonical Ltd, a son siège sur l’île de Man, paradis fiscal britannique…

Déjà Ubuntu n’est pas un programme c’est un OS, pour être plus précis une distribution Linux. Ensuite le siège de Canonical est à Londres. Et pour finir c’est quoi le rapport avec la nouvelle ? Les 39 millions d’euro c’est Linagora, SSI parisienne qui va les toucher pas Canonical. Enfin presque, parce que en réalité il y a deux société de service qui vont se partager le gâteau, et vu qu’une partie du parc sera renouvelé Dell ou HP va gagner quelques millions sur le gâteau.

…et son président, le milliardaire sud-africain Mark Shuttleworth, a publiquement déclaré avoir recours à des informaticiens indiens, afin de réduire ses propres frais de personnel.

What ? Vous la tirez d’où cette information ? Moi qui lit régulièrement le planet Ubuntu anglais je n’ai jamais vu une telle déclaration. Pourtant le Mark il y va dans ses posts ! D’ailleurs sur le planet, s’il y a bien quelque indiens (ce n’est pas un secret les gars post publiquement) la quasi-majorité des dev ont des noms bien WASP. Bref il y a un noyau dur basé en Angleterre et après c’est plutôt genre “tu bosse sur un truc cool tiens Canonical te prend en presta pour avancer dessus”.

Le Parlement allemand, qui avait lui aussi opté pour le logiciel libre en 2002, vient de faire machine arrière.

Source ? Vous là tirez d’où celle là ? A ma connaissance c’est plutôt le contraire. Ils sont justement en train d’achever leur migration et semble très satisfait, tout comme certaine grande collectivité locale (je pense à Munich qui avait été pionné dans le domaine dès 2002). C’est d’ailleurs ce retour positif de migration qui à récemment convaincu le parlement italien de migrer sous Linux la totalité de ses postes (clients et serveurs).

Dernière mise à jour le juil. 21, 2007 10:54 UTC