[Concert] Nina Hagen

Certaines choses ne doivent pas changer. Certaines choses ne changent pas. Nina Hagen en fait partie. Quand j’ai su que la diva allait passer aux internationale de la guitare j’ai craint le pire. La déesse a pris de l’age, sa voix s’est fanée après trente ans de concert acharnés. Serait-elle encore émouvoir en remuant ses couettes ? Serait-elle aussi dynamique ?

Mais les premières minutes me rassurent. La voila qui rentre, couettes ondulantes, petite jupe rose à carreaux, guitare à la main, espièglerie dans les yeux. Nina is still Nina. Elle entame une reprise country, tandis que sa voix rocailleuse et chaude à la fois susurre des délices. Les dieux sont contentés. Elle nous parle du sien. Ca devient soul, ca devient blues. Soudain elle chante Hiroshima. Froideur. Les égarés sont mal à l’aise. Les pauvres suiveurs de festival viennent d’entrevoir l’âme de la Dark Nina. Elle irradie d’une sombre noirceur. Je m’en nourri, un sourire aux lèvres.

So bad. Elle tourbillonne comme une ballerine, sautille, fait la pitre. Elle chante la mort et la destruction, et la seconde d’après elle fait le couplet sur “Tout est Amour et Dieu est Amour”. Insaisissable Nina, avec sa paire de fausse lunettes vertes de starlette. Elle enchaîne. Le flamenco du Ché, la reprise punk nerveuse de My Way. Oui nous somme sur la voie Nina c’est sûr, Sid en aurait dit autant. Elle joue avec les classiques. Entre deux passage de sa lettre écrit par Dieu, elle agrafe Piaf, les Doors, elle-même. Premier rappel. Elle revient. Deuxième rappel, un concert ne peut être aussi court. La voilà à genoux dans son Ave Maria personnel. La salle devient déiste forcément. La pénitence pour les péchés ? Si elle en fait partie, alors oui j’ai péché. J’en ai même joui. Dieu merci je suis athée. Mais après ce concert, mon avis n’a pas changé : mon obédience va toujours à une certaine déesse de l’ancien monde.

En clair: oui c’était bien, vraiment bien.

Dernière mise à jour le oct. 07, 2009 10:57 UTC