Aussi connue sous le nom de secondes intercalaires ou pour les sysadmins “secondes qui fait partir en sucette les serveurs MySQL et Tomcat”. La dernière apparition de cette étrange bête remonte à la nuit du 30 juin au 1er juillet 2012. Mais d’où viennent ces fameuses secondes intercalaires ?
En réalité compter le temps n’est pas une mince affaire. Il ne suffit pas de trouver un phénomène physique stable (comme la désintégration d’un isotope radioactif) et de fixer un point d’origine. Non. Il faut aussi tenir compte de l’usage de cette mesure, ce qui explique que coexiste aujourd’hui trois grandes échelles de temps :
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UT1 : dérivée de UT0, née en 1928, qui mesure la rotation terrestre via la position d’objets célestes. UT0 est irrégulière à cause notamment des marées et de l’activité géothermique de la Terre. UT1 est sa version “corrigée”.
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TAI : temps atomique international, créé en 1955, date de mise en service de la première horloge au césium. TAI est basé sur la moyenne des 300 horloges atomiques en service sur Terre. C’est une échelle continue, indépendante des mouvements célestes. Sa précision atteint la femtoseconde.
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UTC : temps universel coordonné, celui que nous utilisons au quotidien. UTC est un compromis : on prend la valeur de TAI auquel on retranche un certain nombre de seconde afin de s’approcher de la valeur de UT1 (a ± 0,9 s). En 1961, l’écart TAI-UTC était de 10s, il est maintenant de 35s et continue de croire d’année en année car la vitesse de rotation de la Terre diminue.
Bref les secondes intercalaires sont là pour “réajuster” UTC a UT1. Le résultat est que, contrairement à la croyance populaire, 1 heure ne fait pas nécessairement 3600 secondes. Et c’est là que la situation deviens problématique, côté informatique. Les OS et les programmes n’ont pas été conçu pour prendre en compte une échelle de temps discontinue. Oui discontinue car si le ralentissement de la Terre continue, une leap hour sera même carrément nécessaire en 2600.
La logique voudrait que les programmes informatique utilisent TAI, puis appliquent un décalage pour obtenir UTC (de la même manière qu’on applique un fuseau horaire sur UTC+0) mais ce n’est pas le cas actuellement ce qui provoque pas mal de discussion technique. Certains suggèrent même de supprimer purement et simplement l’usage d’UTC ! Bref on a pas finie d’en entendre parler des ces fameuses secondes.