Attention cet article va vous SPOILER a mort ! Si vous n’avez encore vu le Dernier Jedi changez d’article au plus vite !
Nouveau mois de décembre nouveau Star Wars. Où Hollywood va-t-il nous mener cette fois ? Sans plus de suspense la réponse est : droit dans le mur. Passons à la critique.
Les bons côtés
La direction artistique
JJ Abrams avait sû trouver le bon équilibre entre innovation et respect visuel de la franchise et je suis satisfait de voir Rian Johnson continuer sur la même lancée.
Le développement des personnages introduit dans l’épisode 7
Kylo prend enfin un peu d’épaisseur et Adam Driver le joue avec plus de nuance. Rey, même si elle reste ultra-cheaté, cesse enfin d’être une complète Mary Sue et nous gratifie même d’un petit moment de doute. L’interaction/séduction entre Kylo et Rey est intéressante et plutôt bien traitée. Poe, personnage qui nous avait été survendu dans l’épisode 7 a enfin un peu d’espace pour s’exprimer. Même Finn s’améliore se montrant un peu plus dégourdi et moins inutile.
Les mauvais côtés
Les nouveaux personnages
Pour une obscure raison chaque épisode se doit d’apporter son lot de nouveaux personnages. Donc pelle-mêle nous avons : Rose une mécanicienne asiatique obèse naïve et moralisatrice, Holdo une vice-amirale au look de lesbienne militante LGBT et DJ un roublard désabusé et cynique qui roule pour le Nouvel Ordre. Bref que des personnages qui faire-valoir (en positif ou en négatif) a destination d’un segment bien précis du “marché” (cough démarche SJW cough). Merci Disney de nous rappeler que nous vivons bien en 2017, j’ai faillit oublier.
Une intrigue mal amenée
L’un des messages centraux du film c’est que les gestes héroiques et spectaculaires ne sont pas toujours les plus efficaces. Une démarche très anti-épique assumée, qui ne plaira pas à tout le monde. Personnellement je suis prêt à y adhérer à condition que ce soit bien amené. Et c’est là que le film se vautre complètement.
Au-delà du double poncif homme/femme jeune/vieux, bien insultant pour la majorité du public, le vrai problème c’est l’incohérence du twist final. Si une manoeuvre kamikaze en hyperespace suffit à anéantir une flotte entière alors pourquoi les rebelles ne l’ont-ils jamais fait avant ? Pourquoi s’être compliqué la vie a se procurer les plans de l’Étoile Noire alors qu’un simple saut en vitesse lumière suffit a régler l’affaire ? Pourquoi les attaques de vaisseaux des épisodes 4, 6 et 7 ?
Des passages proprement “WTF”
NON les grand-mères ne règlent pas leurs problèmes de personnel avec un jet-pack et NON Leia n’est pas Marry Poppins.
Snoke ? C’est qui ça Snoke ?
Vous connaissez Snoke, Empereur par intérim du Premier Ordre ? Moi non plus. On ne sait ni d’où il vient, ni comment il a obtenu ses pouvoirs, ni comment il a atteint le rang de Leader Suprême. Vous êtes curieux ? Vous êtes bien les seuls. Les scénaristes l’on dit, l’important c’est l’histoire de la soeur de la grosse.
Les ellipses c’est pour quoi faire ?
Un mal bien moderne du cinéma, c’est l’allergie aux ellipses. On dirait que les scénaristes ont une peur maladive du hors champ, comme si le spectateur était trop stupide pour comprendre que quelque chose qui n’est pas montré se produise. Résultat : on a l’impression que toute l’histoire se déroule en quasi-temps réel, compressé sur quelques heures à peine.
La formation de Rey ? Deux ou trois heures guère plus. C’est tellement rapide et facile qu’on se demande pourquoi l’entraînement de Jedi n’est pas au programme de CM2.
L’invasion de toute la Nouvelle République ? Apparemment c’est l’affaire d’une grosse soirée. Le film insiste d’ailleurs : la dizaines de personnes à l’écran est tout ce qui reste de la Résistance et des forces régulières de la République. Chapeau le Premier Ordre, vous venez d’accomplir la conquête galactique la plus rapide de toute l’histoire de la science-fiction.
Une destruction systémique des figures héroiques
Qu’un film essaie de jouer avec ses codes d’accord. Qu’il soit facétieux et piège son public avec pourquoi pas. Mais qu’il se moque de sa propre mythologie là ça ne passe pas. L’épisode 7 avait déjà bien amorcé cette tendance en nous donnant une mort plutôt ridicule a Han Solo. L’épisode 8 enfonce le clou en cassant tout ce qui est épique chez Luke. La palme du malaise revient sans doute a cette scène hallucinante où Luke fait son mea-culpa (de quoi on se demande bien) avant de conclure qu’il serait préférable que les Jedi disparaissent. Wow on est plus dans la désacralisation des figures héroïque, là on est carrément dans leurs humiliations pure et simple !
La seule a échapper a ce traitement indigne c’est bien entendu Leia (cough féminisme cough). Quoique est-ce vrai le cas ? Personnellement j’ai énormément de mal a voir la filiation entre cette Leia masculinisé aux derniers degrés et le personnage original des épisodes 4/5/6. A trop vouloir faire des personnages de “femmes fortes” on obtient surtout des personnages creux.
Sith ou Jedi ?
Un des problèmes récurrents de la franchise Star Wars c’est sa gestion chaotique, voire contradictoire, de la mythologie Jedi. Dans la trilogie originale, la Force est présentée comme un duopole clair/obscur, lumineux/obscur, bien/mal. Une vision simple, zoroastrienne, quasi manichéenne, mais qui avait au moins le mérite d’être cohérente sur le plan narratif.
Puis viennent les préquelles, avec leur fameuse prophétie de l’élu censé “ramener l’équilibre dans la Force”. Équilibre ? Wow, autrement dit un élu qui provoquerai un changement de paradigme vers une conception holistique de la Force et conséquentialiste de la morale ? Un grand écart ! Mais au final cette idée ne sera pas exploitée et Anakin se contentera de rejoindre les rangs des Sith et de massacrer des enfants.
Et voilà qu’en 2017 l’épisode 8 recycle maladroitement la même idée. Kylo Ren nous sort un discours de “transcendance des anciens clivages” matiné de “les vieilles catégories sont dépassées” et “tournons la page” que le film n’a aucun intention de développer ou d’assumer puisque tout suite après Rey prend bizarrement fait et cause avec le parti “des perdants qui aurait mieux fait de disparaître” (cf. Luke). Merci la cohérence.
Des Jedi qui n’en finissent pas de mourir
Il est presque comique de constater à quel point l’extinction des Jedi traîne en longueur. Depuis l’épisode 3.5 on nous répète inlassablement qu’ils sont en voie de disparition, qu’il ne reste qu’une poignée d’adeptes, et que leur Ordre n’est plus qu’un souvenir lointain. Et pourtant… a en croire l’épisode 8, deux heures de coaching suffisent à maîtriser les bases de la Force. Il faut croire que, dans cette galaxie, les gens sont prêts à faire plusieurs années d’études pour devenir mécanicien de vaisseau, mais pas consacrer une après-midi pour acquérir des super-pouvoirs. Quant à Luke, soi-disant dernier Jedi, exilé sur son ile, il ne semble pas franchement débordé. C’est comme si l’Ordre Jedi devait s’éteindre, non victime de l’adversité, mais juste par flemme.
Finalement c’est peut le message caché de ce film. A force de décisions paresseuses, de ruptures mal assumées avec l’univers original, de personnages creux et d’arcs narratifs sabordés, Disney, par flemme, vient d’assassiner la saga mythique qu’était autrefois Star Wars. Et tout comme l’Ordre Jedi son agonie sera longue.